Vendredi 17 juillet 2009 5 17 /07 /Juil /2009 11:03

Comme beaucoup, la lecture accompagne mes loisirs depuis de nombreuses années. J'ai beaucoup découvert en parcourant les pages de mes livres. Une évasion de plus en plus vitale, surtout à notre époque. Comme certains, cela a fait naître en moi l'envie de passer au premier plan et retranscrire les histoires, sentiments, mais aussi mieux me connaître.

Il y a quelques mois, suite à des critiques favorables de proches (amis, famille, collègues...), j'ai décidé de franchir le pas et d'adresser mon roman à des éditeurs afin de recueillir des avis, disons "plus objectifs"...

Dès lors commence la partie où les questions foisonnent :

- qui contacter?

- comment protéger mon manuscrit?

- Sur quels critères repose le choix des éditeurs?

- quelles sont les pratiques concernant les contrats (différentes clauses, droits d'auteur, cession de droit...)

- ...

- Et le plus important, où trouver les réponses à toutes ces questions???

Je me suis rapidement aperçu qu’il était très dur de trouver des informations fiables, objectives sur les éditeurs, les pratiques des uns et des autres, les contrats… Il m’a fallu pas mal de temps pour faire le tour de la question et avoir une vraie opinion.
Je me suis dit que ça pouvait servir à d’autres, et voici mon blog.

Pour plus de lisibilité, j'ai décidé de fournir les différentes étapes de mes démarches sous forme de "chapitres" en fonction des questions qui se sont posées à moi au fur et à mesure. La lecture peut donc paraître scolaire, mais permet d'aller directement à l'essentiel en fonction de ses connaissances.

Les descriptifs ainsi que les commentaires sont issus de ma propre expérience. Je peux donc me tromper. N'hésitez donc pas à participer en complétant mes commentaires pour rendre service à tout le monde ;)


 1- L'édition en France

Avant d'envoyer mon roman à un éditeur, j'ai décidé d'en savoir un peu plus sur mes futurs interlocuteurs. J'ai donc parcouru bon nombre de sites web et questionné mon libraire afin de recueillir des informations. Ce dernier m'a donné l'adresse d'un site Internet (cliquez ici) sur lequel figure un lien vers un dossier pour en apprendre plus sur l'édition en général (il faut télécharger le dossier complet de « l’appel du livre », qui contient de nombreuses infos intéressantes).

Concernant les éditeurs, voici le lien du Syndicat National de l'Edition (cliquez ici)

Voici quelques morceaux choisis :

- 60 000 nouveaux titres en 2007

- Environ 25 000 points de vente de livres

- Environ 10 000 éditeurs en France

- …

 

2- Comment choisir son éditeur

Il faut commencer par "prospecter" pour trouver le bon éditeur susceptible d'être intéressé par son manuscrit, le choix doit être cohérent avec votre écrit. Internet est une nouvelle fois un outil très performant afin d'orienter vos recherches. Allez voir leur site, leur ligne éditoriale, les avis des lecteurs au sujet de leurs publications (par exemple sur Fnac.com ; Amazon.fr...).

 

3- Les différents contrats

Au cours de mes recherches, j'ai rapidement découvert qu'il y avait plusieurs pratiques.

Voici les différentes propositions que j'ai pu trouver ça et là (descriptif + quelques noms d'éditeurs):

a) Contrat à compte d'éditeur

Il consiste en une prise en charge des éléments liés à la publication de l'œuvre par l'éditeur. Ainsi, les frais induits par l'impression, diffusion(*), distribution(*) et promotion (*) sont couverts par la maison d'édition. Le risque reposant seulement sur l'éditeur, ce dernier n'accorde qu'un pourcentage d'environ 6 à 10 % sur le prix de vente du livre à l'auteur. (A noté que l'éditeur propose parfois une avance sur les futurs droits d'auteurs dès la signature.)

Les « gros » éditeurs utilisent habituellement ce type de contrat, car ils disposent de moyens financiers qui leur permettent de le faire. Ce contrat est très intéressant pour l’auteur, car il n’a aucun investissement à faire.

Quelques éditeurs :

- Grasset ; Flammarion ; Gallimard...

 

b) Le contrat participatif

Avec ce contrat, le manuscrit retenu favorablement par le comité de lecture fait l'objet d'une proposition différente. Ici, l'éditeur propose à l'auteur d'investir financièrement afin de partager les "risques" liés à la publication. Cela consiste la plupart du temps en une prise en charge des « frais de maquette » par l'auteur, l'éditeur finançant la diffusion, distribution ainsi que la promotion. D’autres proposent un contrat qui stipule simplement que l’auteur prend en charge une partie du coût d’édition.

Une remarque importante à signaler : comme l'investissement de départ est partagé, l'éditeur octroie des droits d'auteur beaucoup plus importants que dans le cadre d'un contrat à "compte d'éditeur", de l'ordre de 20 à 25% pour l'auteur.

Parmi les différentes propositions, certains proposent de financer la participation par des souscriptions/préventes afin de réduire, voire supprimer l'apport de l’auteur.

Concernant la diffusion, distribution et la promotion.

Là encore, les prestations diffèrent d'un éditeur à l'autre. Vous découvrirez sur leurs sites beaucoup d'informations permettant de vous faire votre opinion quant à la qualité des prestations.

Cette formule est donc intéressante pour les auteurs qui ne peuvent pas (ou ne veulent pas) s’occuper trop de leur livre et préfèrent laisser faire un professionnel. L’auteur est déchargé de presque tout le travail autour du livre. Il s’agit à mon avis du meilleur débouché pour ceux qui n’ont pas pu avoir de contrat à compte d’éditeur dans un gros groupe d’édition.

Quelques éditeurs :

- Editions Amalthée ; Editions Persée ...

 

c) Le contrat à compte d’auteur

Comme son nom l’indique, l’auteur finance tous les frais d’édition avec ce contrat. L’éditeur est alors un prestataire de services, qui publie contre rémunération. Bien sûr cette formule revient donc plus cher à l’auteur que le contrat participatif. L’état d’esprit est aussi très différent des deux premières formules : l’éditeur ne sélectionne pas les livres publiés ; bons ou mauvais il prend tout, pourvu que l’auteur le paie. Il fabrique le livre et fait un travail minimaliste de diffusion. En pratique l’auteur doit se débrouiller pour vendre son livre.

Cette formule est intéressante pour un auteur qui a les moyens et souhaite une aide d’un professionnel pour fabriquer un beau livre et bénéficier de conseils pour le vendre. Le potentiel est en général très limité, puisque l’auteur ne connaît pas les circuits de diffusion. Cette formule se fait rare et a tendance à disparaître car elle a du mal à trouver sa place en le contrat participatif et l’auto-édition (voir ci-après).

Quelques éditeurs :

- Editions du Panthéon

 

d) L'auto-édition

Il peut arriver qu'un auteur souhaite prendre lui-même à sa charge les coûts de publication de son livre. Dans ce cas de figure, il ne s'agit pas d'un contrat d'édition à proprement parler, puisque l'éditeur ne supporte pas de risque économique. Les contrats par lesquels un éditeur propose de ne rémunérer l'auteur qu'au-delà d'un certain seuil de ventes, qui n'est pas toujours atteint, s'apparentent à l'édition à compte d'auteur. De plus, la diffusion et la distribution repose totalement sur l'auteur.

Il y a deux possibilités pour l’auteur :

1) soit il fait tout lui-même : trouver et négocier avec l’imprimeur, référencer son livre auprès des libraires, démarchage des libraires, facturation, expédition, etc… dans ce cas il n’a besoin de personne.

2) soit il fait appel à une société (le terme « éditeur » est alors discutable) qui va l’aider dans ses démarches (dans ce cas on se rapproche du compte d’auteur, la frontière n’étant pas  toujours clairement définie). Par exemple il peut s’avérer pratique que ce soit la société qui négocie avec l’imprimeur car elle aura des meilleurs tarifs que l’auteur, ou encore qu’elle facture les libraires à la place de l’auteur. Les « éditeurs » qui font de l’auto édition travaillent essentiellement sur internet, ils sont en effet un simple plateforme d’aide pour l’auteur.

Avec cette formule l’auteur doit être prudent car certaines sociétés mettent en avant des choses qu’elles ne garantissent pas, surtout au niveau des libraires. Prétendre qu’on a une distribution en librairie c’est bien, mais concrètement quels moyens sont mis à disposition ? question à poser absolument avant de signer. Si la société vous répond qu’elle a une personne qui fait de la pub auprès des libraires, et que vous constatez qu’elle a 1000 bouquins en catalogue (cela arrive !), il est bien évident que le travail est très léger à ce niveau… le simple bon sens permet de le déduire. A titre de comparaison, une maison d’édition traditionnelle a environ une personne pour 150-200 livres, pour faire un travail correct.

Cette formule est intéressante si vous avez les moyens financiers et surtout le temps nécessaire pour vous occuper entièrement de votre livre. Le gros avantage est que vous récupérez quasiment tout le produit des ventes, soit 60 % du prix de vente du livre en moyenne (les libraires prennent à eux seuls 35 à 45% du prix de vente !). Le revers de la médaille est que vous devez tout gérer, et certains auteurs estiment qu’ils ne sont pas là pour vendre mais pour écrire, et qu’on ne peut pas endosser toutes les casquettes.

Quelques "éditeurs" en auto-édition :

Publibook

La compagnie littéraire

 

 

 

(*)La diffusion du livre désigne l'ensemble des opérations commerciales et marketing mises en œuvre par les éditeurs dans les différents réseaux de vente. Elle répond à l'obligation contractuelle « d'assurer aux œuvres des auteurs une exploitation permanente et suivie conformément aux usages de la profession » (selon les termes du Code de la propriété intellectuelle).
La distribution assume les tâches liées à la circulation physique du livre et à la gestion des flux financiers qui en sont la contrepartie (stockage, réception et préparation des commandes, expéditions, facturation et recouvrement).

La promotion consiste à contacter les médias afin d’assurer la visibilité de l’œuvre auprès du public

 

 

Comment protéger son manuscrit ?

Il y a plusieurs moyens… Certains organismes proposent de protéger vos droits moyennant rémunération. Vous pouvez également le demander à un notaire, mais le prix sera plus important.

Etant donné les risques infimes de plagiat, je recommande le moyen le plus simple et le moins onéreux : s’envoyer son manuscrit à soi-même par lettre recommandée avec avis de réception, et ne pas l’ouvrir à réception. Le cachet de la poste fait foi, vous connaissez la formule !

Par Baptiste Perrier
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